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Domicilier son entreprisele parcours, dans l’ordre

Démarche vérifiée en septembre 2026 · lecture : 5 min

Domicilier chez soi : ce que le bail, le règlement de copropriété et le maire peuvent interdire

Trois documents, jamais un seul, décident de ce qui est possible chez vous. Ils ne disent pas la même chose, ils ne visent pas les mêmes actes, et surtout : aucun des trois n’interdit purement et simplement de déclarer son logement comme siège. Voici ce que chacun encadre réellement.

Le bail : la clause de destination

Un bail d’habitation affecte le logement à un usage précis. Quand sa clause de destination exclut toute activité professionnelle, on en conclut souvent, à tort, que la domiciliation est impossible.

Ce que dit le code de commerce est plus nuancé. L’article L123-10 autorise la déclaration du logement comme siège, sauf clause contraire. Et l’article L123-11-1 ajoute que même en présence d’une clause contraire, la domiciliation reste possible pour cinq ans au maximum à compter de la création, à deux conditions : une notification écrite préalable au bailleur, et l’absence d’exercice de l’activité dans le logement.

  • Ce qui est ouvert malgré la clause : rattacher l’adresse administrative de l’entreprise au logement, pour une durée limitée.
  • Ce qui reste fermé : exercer réellement l’activité sur place, recevoir de la clientèle, stocker, faire travailler des salariés.
  • Ce qui est obligatoire : l’écrit envoyé avant, dont vous gardez la preuve.

Le règlement de copropriété : l’habitation bourgeoise

La clause d’habitation bourgeoise, très répandue, réserve l’immeuble à l’habitation. Là encore, elle vise d’abord l’usage des lieux, pas l’adresse portée au registre du commerce.

Le mécanisme de l’article L123-11-1 s’applique de la même façon : notification écrite préalable, cette fois au syndic, et droit de domiciliation pour cinq ans au maximum si la clause s’y oppose. Le syndic n’a pas à autoriser, il doit être informé, avant.

Un point de bon sens : si votre bail et votre règlement portent tous deux une clause, les deux notifications sont à faire. La distinction entre informer et faire autoriser est reprise en détail sur la page consacrée à l’autorisation de domiciliation.

L’urbanisme : le changement d’usage

Le troisième texte ne vient ni du bailleur ni du syndic, mais de la commune. Les règles d’urbanisme encadrent le changement d’usage d’un local d’habitation, et elles sont plus strictes dans les grandes villes que dans une commune rurale.

Elles se vérifient auprès de la mairie, pas auprès du greffe, et elles concernent l’exercice de l’activité bien plus que la domiciliation. La fiche officielle sur la domiciliation range d’ailleurs les règles d’urbanisme parmi les conditions à vérifier avant de déclarer son logement, aux côtés du bail et du règlement de copropriété.

La question à se poser en premier

Elle tient en une phrase : est-ce que je veux siéger chez moi, ou y travailler ?

Siéger, c’est rattacher l’adresse : le courrier arrive, l’adresse figure au registre, rien d’autre ne change dans l’immeuble. Travailler, c’est modifier l’usage des lieux : passage, bruit, stockage, clientèle. Les trois textes ci-dessus deviennent nettement plus contraignants dans le second cas, et la réponse à la première question suffit à savoir si l’on est dans une situation simple ou dans un dossier d’urbanisme.

Siéger seulement

Domiciliation ouverte, sous notification écrite préalable et limite de cinq ans en cas de clause contraire.

Travailler seul, sans passage

Souvent toléré, mais c’est le bail et le règlement qui tranchent, pas l’usage.

Recevoir de la clientèle

Autre régime : copropriété et urbanisme deviennent décisifs.

Stocker ou produire

Le logement n’est plus un logement : changement d’usage, autorisation à instruire.

Les conditions complètes de la domiciliation au domicile, y compris ce qui se passe à l’approche des cinq ans, sont sur la page consacrée à la domiciliation chez soi.

Mis à jour le 12 septembre 2026. Sources officielles ouvertes en septembre 2026.

Questions fréquentes

Une clause de mon bail m’interdit-elle de domicilier chez moi ?
Pas nécessairement. En présence d’une clause contraire, la loi ouvre une domiciliation de cinq ans au maximum à compter de la création, sous réserve d’une notification écrite préalable au bailleur et à condition de ne pas exercer l’activité dans le logement (article L123-11-1 du code de commerce).
Dois-je prévenir le bailleur ou le syndic ?
Celui que la clause concerne : le bailleur si elle figure au bail, le syndic si elle figure au règlement de copropriété. Les deux si les deux portent une clause.
La mairie peut-elle s’y opposer ?
Les règles d’urbanisme encadrent le changement d’usage d’un logement. Elles visent l’exercice de l’activité bien plus que l’adresse déclarée, et se vérifient auprès de la commune.
Que faire si aucune des trois portes ne s’ouvre ?
Passer par une société de domiciliation agréée, qui fournit une adresse et la pièce justificative attendue au dépôt, sans dépendre de votre bail ni de votre copropriété.

Faire vérifier ce que votre situation permet

Locataire ou propriétaire, avec ou sans clause, avec ou sans activité sur place : décrivez la configuration. Un seul professionnel de la domiciliation reçoit la demande et répond par écrit.

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